Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 21:18


Emeutes en Grèce depuis 3-4 jours
. Ce qui est intéressant, c’est que le déroulement est très comparable à ce qui s’est passé dans les banlieues des grandes villes françaises en 2005.

Tout a commencé par un accrochage entre des « jeunes » et la police dans le quartier Exarchia d’Athènes réputé (je n’en avais jamais entendu parler jusqu’ici) pour être un « repaire d’anarchistes » (en fait, c’est un quartier étudiant, avec des sièges de partis de gauche, de syndicats, des maisons d’édition, des galeries d’art, des bars branchés (sorte de quartier latin, quoi, peut-être en moins huppé…).

Apparemment, les jeunes auraient jeté des pierres (quel contexte ?) sur une voiture de police dans laquelle se trouvaient 2 flics. Dans des circonstances encore obscures, au moins un des flics a ouvert le feu et un gamin de 15 ans a pris une balle en plein cœur qui l’a tué sur le coup. Pour mémoire, en France, il s’agissait de 2 jeunes de Villiers le bel (95), 15 et 16 ans, qui s’étaient réfugiés dans un transformateur EDF pour échapper à un contrôle policier et avaient trouvé la mort. Dans le cas grec, les policiers ont immédiatement été mis en examen pour homicide et complicité, mais rien n’y a fait : aussitôt, des manifestations s’organisent pour dénoncer les « violences policières ». Les media français font état d’un climat de brutalité policière, ces derniers mois. Néanmoins, il semble que le dernier accident de ce genre dans ce quartier remonte à 23 ans (et les premiers éléments d’autopsie laissent à penser que la balle aurait atteint le gamin après ricochet). Naturellement, le gouvernement est de droite (réélu à l’automne 2007). En tout état de cause, les manifestations dégénèrent vite en émeutes dans lesquelles se mêlent affrontement avec les policiers, dégradations matérielles et pillages. Ces événements se déroulent semble-t-il dans une phase de tension sociale, trouvant ses origines dans des affaires de corruption compromettant le gouvernement actuel (en fait, la corruption est considérée comme endémique en Grèce par les organismes internationaux, elle touche toutes les institutions, jusqu’à l’Eglise orthodoxe) et dans la crise économique (alors que la croissance du PIB tourne autour de 4% depuis plusieurs années, tx de chômage de 10% en 2005, 8,4% en 2008). On parle notamment de « génération à 700 € » que les media français présentent comme « le salaire moyen d’embauche d’un jeune en Grèce, actuellement » (en réalité, c’est le salaire minimum en Grèce, qui est de 668€ net, soit dans la moyenne UE, contre 1254€ en France mais 114€ en Roumanie).


Difficile d’avoir des informations fiables et précises dans les media français mais il semble bien qu’une agitation « anarchiste » (ou d’extrême-gauche) couvait depuis quelques mois dans le pays autour de la question des immigrés clandestins, des centres de rétentions, etc… (là encore des problématiques qui sonnent familièrement à des oreilles françaises). Une manifestation à ce propos aurait même dégénérée à Athènes quelques jours (ou quelques heures ?) avant la mort du jeune (est-ce d’ailleurs lié à l’accrochage avec la police à l’origine du drame ?).


Il semble évident que dans cette affaire des groupes politiques organisés sont à l’œuvre (anarchistes, extrême gauche, ultragauche, si on veut). On reconnaît leur signature dans leur équipement « professionnel » (cagoule, masque, casque, cocktail molotov) ainsi que dans leurs objectifs (affrontement avec la police, occupation de lieux publics, en particulier, des écoles). De ce point de vue là, le mouvement se rapproche plus de ce que l’on a connu lors des manifestations anti-CPE en France, en 2006 (notamment, occupation de La Sorbonne, de l’EHESS). Il semble tout aussi évident que ce mouvement n’est pas le seul fait d’activistes habituels en campagne de déstabilisation. Comme toujours dans ces cas-là se greffent sur l’agitation entretenue tout ce que la population, en particulier les jeunes, compte de membres ayant pour une raison ou une autre, sociale ou personnelle (voire métaphysique), une colère, une frustration à exprimer. Dans cette foule impulsive, ils trouvent un exutoire qui leur semble salvateur, qu’ils peuvent ensuite justifier a posteriori, par les raisons évoquées ci-dessus (violence policières, climat économique,…), ou alors laissé sans justification (simplement l’aspect défoulant, voire récréatif, des émeutes). Comme souvent, face à ses événements, l’opinion publique grecque est partagée. Naturellement, le gouvernement joue le pourrissement qui rendrait les émeutiers de plus en plus impopulaires. On notera l’attitude assez étonnante de l’opposition de gauche (PS et PC), qui appellent à la démission du gouvernement et à des élections anticipées (dans les media français, on ne relaie pas d’appel à l’apaisement ou de condamnation des incidents de leurs parts ?). Enfin, se mêlent également à la foule de simples délinquants, ou nécessiteux, qui y voient une bonne occasion de récupérer quelques marchandises à moindre frais.

 

Malgré tout, ces événements, qui se sont très rapidement étendus à plusieurs villes de Grèce, s’ajoutant aux agitations de 2005 et 2006 en France, démontrent très probablement une belle santé des groupes activistes d’extrême gauche en Europe. Il serait sans doute compliqué de les dénombrer précisément, surtout qu’il faudrait distinguer les leaders, membres actifs, simple sympathisants, adjuvants occasionnels… On peut néanmoins penser qu’ils sont bien structurés au niveau régional, national et sans doute paneuropéen (ainsi, un petit attentat en Grèce a été revendiqué par un groupe anarchiste, en soutien aux membres de la cellule de Tarnac incarcérés en France suite au sabotage d’une ligne TGV) et qu’ils se sentent suffisamment forts pour passer à l’acte à la moindre occasion favorable. Dans ce contexte, naturellement, toute bavure policière, touchant des jeunes de préférence (mythe de l’innocence de l’enfant… même multirécidiviste : ce qui n’est pas le cas en Grèce, notons-le, ni à Villiers le bel, me semble-t-il, où les jeunes victimes apparaissent plutôt comme des individus « sans histoire ») est une véritable aubaine.


La police est naturellement la cible privilégiée des groupes politiques fondamentalement opposés à l’Etat démocratique (extrême gauche et extrême droite). L’extrême droite ayant plutôt pris le parti du noyautage, l’extrême gauche se retrouve dans une posture d’opposition frontale et complète. Au travers de nombreux mouvements (manifestations, blocage de lieux publics), on peut penser qu’ils provoquent justement pour rechercher la bavure et ainsi pouvoir monter, avec l’aide (plus ou moins consciente) des media, l’opinion publique, contre la police, donc contre l’Etat. Ils s’appuient en cela sur deux pilier de nos société occidentales contemporaine : la médiatisation à outrance et une sorte de religion droit-de-l’hommiste rampante. Les manifestants balancent des boules de pétanque sur la Police mais l’opinion publique hésite à autoriser la Police à utiliser le Taser. Soyons clairs : les policiers ne sont, à titre individuel, pas toujours exempts de tout reproche. Dans l’affaire grecque, l’utilisation des armes à feu par les forces de l’ordre semblent, en particulier, discutable. De manière générale, cependant, les activités des polices sont étroitement surveillées et les fautes graves restent rares (il faudrait vérifier les stats mais je doute que les violences policières soient dans une phase ascendante, en terme de morts, en particulier. Au début du XXème siècle, il n’était pas rare que des manifestations fassent plusieurs victimes). Le bon peuple, inspiré en cela par les « intellectuels », par les media, rejette simplement, par principe, par idéologie - ce que j’appelle la religion droit-de-l’hommiste - toute forme de violence à la personne. Le problème c’est que dans les faits la police, force de l’ordre de l’Etat, est effectivement amenée à utiliser la force, à démontrer sa force, tendant ainsi à une forme de violence. Cette violence étatique, il convient naturellement de la minimiser, de la contrôler autant que possible mais elle demeure inévitable (après tout, l’enfermement carcéral est, en soi, déjà une forme de violence). Les groupes anarchistes s’opposent eux à l’existence même de toute police, car ils rejettent l’ordre, les lois que celle-ci défend. Dans les mouvements d’ampleur, où se mêlent anarchistes et tout-venant, il y a donc une confusion dont les groupes politisés savent jouer à merveille. Le tout-venant dit : « je rejette la violence de la police ». L’anarchiste dit : « je rejette la police qui est violente ». Naturellement, le quiproquo ne tient pas sur le fond et, donc, il ne tient pas dans la durée.


La mort d’un gamin de 15 ans dans ces circonstances demeurent absurde, d’autant plus que si le gamin à des tendances anarchistes à 15 ans, rien ne dit qu’il ne sera pas trader à 25. Dans de telles circonstances, il n’est donc pas anormal de s’indigner, de s’inquiéter. Tout accident de ce genre peut (doit ?) être une occasion de réévaluer l’action, les procédures, les effectifs des forces de police. Il faut par contre se garder de généraliser les critiques : qu’un policier ait fauté (et il faut prouver qu’il y a faute) dans une circonstance particulière ne suppose pas que l’on mette en accusation la police dans son ensemble, encore moins l’Etat ou seulement le gouvernement en place (démocratiquement élu, faut-il le rappeler). Tout courant qui va dans ce sens a de toute évidence des motivations purement politiques, soit dans le but d’accéder au pouvoir, s’agissant des forces d’opposition (alors que tout parti proprement démocratique devrait se garder de surfer de quelque manière sur la vague d’un mouvement populaire minoritaire et violent), soit dans le but de renverser purement et simplement l’Etat, pour les courant révolutionnaires et/ou anarchistes.

 

Dans les systèmes idéologiques, ce qui est frappant chez les mouvements anarchistes et d’extrême gauche, c’est la pertinence globale de leurs différentes critiques du système capitaliste / démocratie représentative. Ça ne va pas sans certaines exagérations, naturellement, mais on peut dire que cela reste quand même leur domaine d’excellence, ce qui explique sans doute, d’ailleurs, leur persistance à travers les époque et leur capacité toujours renouvelée à recruter des partisans, jusque dans les couches les plus privilégiées, socialement et intellectuellement, de la population. A ce titre, on s’aperçoit que les cadres des mouvements anarcho-autonomes, mis à jour au travers de la cellule de Tarnac en France, sont de jeunes adultes, venant plutôt de milieu aisés et ayant fait des études très pointues dans des domaines d’ailleurs assez divers (sciences sociales, philosophie, archéologie…). C’est à creuser mais on peut penser que ces individus très diplômés (voire surdiplômés) ne trouvent pas leur place, ou en tous cas pas une place qui leur semble suffisante, dans le système actuel, qui a plutôt tendance à « récompenser » des intelligences plus pratiques, voire des individus beaucoup plus superficiels, cyniques ou simplement « grandes gueules ». Ils rentrent donc dans une opposition radicale au système dans son ensemble, recherchant alors à se rallier les classes véritablement déshéritées. On le voit notamment dans le texte L’insurrection à venir, signé par une mystérieuse « cellule invisible » (et attribué par les media au leader de la cellule de Tarnac), où des idéologues (faut-il les qualifier d’anarchistes ? d’anarcho-autonomes ? d’ultra-gauche ? quoi d’autre ?) tentent un peu désespérément de récupérer les émeutes des banlieues de 2005, invoquant également la révolte de la Mafia K1fry (groupe de hip hop du 94) contre les chanteurs bobo parisiens. De même, l’un des inculpés de la cellule de Tarnac, sitôt sorti de prison (préventive), court les media pour dire qu’il est innocent, dénoncer la qualification en « terrorisme » de l’acte de sabotage et raconter qu’il était en cellule avec un jeune de Villers le bel, avec lequel il a naturellement sympathisé. Ils ont décidemment la propagande dans le sang ! Je doute cependant que l’alliage intellectuels anarchistes / jeunes de banlieue soit voué à un grand avenir, même s’ils peuvent un temps être des alliés objectifs. Je pense que ce rapprochement est néanmoins l’un des grands objectifs actuels des groupes anarchistes (la réciproque n’est pas vraie, inutile de le dire).

Si, donc, leurs critiques du système est le point fort des idéologies d’extrême gauche, leur faiblesse est indubitablement leurs propositions alternatives. Dans les discours, dans les écrits, elles sont déjà quantitativement très minoritaires par rapport aux développements critiques. De surcroît, elles sont souvent très vagues ou très partielles et transpirent souvent d’une incroyable naïveté par rapport aux réalités du monde, de la nature humaine. Dans L’insurrection à venir, la seule perspective positive est la création de communes mais sans jamais rentrer dans le détail de leur nature et de leur fonctionnement. En fait, les idéologues anarchistes, comme révolutionnaires, semblent perdre de vue que les ressources ne non sont pas illimitées et pas naturellement répartie de manière égale sur les différentes zones géographiques. Ainsi, la violence dont ils sont contraints d’user pour renverser l’Etat ne s’éteindra pas d’elle-même dans une forme d’autorégulation bienveillante entre les communautés nouvellement constituées, à moins de reconstituer un Etat tout aussi autoritaire, voire plus que le précédent (type URSS). On le sait, plus une population adhère à un système étatique, moins l’Etat a à être autoritaire (l’adhésion n’étant jamais totale, un Etat a toujours à être autoritaire). Dans le cas contraire se constituerait pour de bon un contexte anarchique, dans lesquels les rapports de force, d’individus à individus, de communauté à communauté, seraient, au moins dans un premier temps, dominants (le second temps constituerait en un équilibre où les plus forts auraient accès aux meilleures ressources et les plus faibles aux conditions de vie les plus difficile… rien de très idyllique). Il ne faut naturellement pas négliger non plus la menace des puissances extérieures, en cas de révolution locale. Ces points pourtant basiques ne sont pas mêmes abordés par la plupart des idéologues actuels. Cela rend toute leur démarche caduque et explique que leurs actions ne se résument pour le moment qu’à des poussées violentes mais très brèves. Le gros des troupes, peu politisé, pas séduit par le peu de propositions des idéologues, rentre bien vite dans le rang.

 

Je ne suis personnellement pas contre des expérimentations alternatives mais sur des bases idéologiques plus solides et sérieuses que ce qui existe actuellement (essentiellement des mouvements de contestation, pas de proposition). Les modèles actuels ne sont pas nécessairement mauvais mais ne sont viables qu’en tant que système parasite d’un Etat plus vaste et organisé. On l’a bien vu avec la communauté de Tarnac qui vivait très bien, en profitant à la fois de prestations sociales et d’un peu de commerce. Je comprends d’ailleurs mal ce qui pousse ces courants à vouloir absolument tendre à l’universalité, vouloir imposer leur modèle à tous : on retombe sans doute là dans des facteurs individuels de colère et de frustration par rapport à la société en générale. Or, pour ces mouvements, l’extension signifie corruption de leur principe de base et donc disparition à terme.
Par Max Labruni - Communauté : Politique française
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 19:31

Dans son inénarrable série de chats "sarkozy, un an à l'élysée", lemonde.fr reçoit demain Thomas Piketty pour faire un bilan sur la politique de pouvoir d'achat.

Thomas Piketty est sobrement présenté comme "économiste"... Il est des paresses qui confinent à l'imcompétence, voire à la malhonneteté. En effet, Thomas Piketty est bien économiste mais il est surtout de notoriété publique proche du parti socialiste, membre de la commission économique du PS pendant plusieurs années, membre du comité d'orientation de l'association A gauche en Europe et... il était conseiller économique de Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle.

On peut voir dans cette vidéo, tout le sérieux et l'objectivité de ce garçon dés qu'on lui demande de parler de sarkozy :

http://www.dailymotion.com/video/x196nm_thomas-piketty-antisarko

Pas besoin d'être un grand voyant pour connaître relativement dans le détail et avec 24h d'avance le contenu de ce chat.

Malheureusement, dans son acharnement antisarkoziste, Le Monde et son avatar électronique se décribilisent un peu plus chaque jour...
 
Par Max Labruni - Communauté : Libre parole
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Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /Mai /2008 13:37
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Lemonde.fr continue sa série de chats pour faire le bilan de la première année de la présidence Sarkozy autour de différents grands thèmes. J'avis dénoncé cette série ici et , car la rédaction de ce formidable site semblait prendre un malin plaisir à n'interroger que des opposants déclarés et même virulants du Président et de la majorité actuelle, tout en se gardant bien de les présenter comme telle mais simplement sous l'étiquette habituelle et facile de "spécialiste". De fait, ces chats, critiques jusqu'à la caricature, et sans aucun contradicteur, n'avaient qu'un faible intérêt.

Une fois n'est pas coutume, cet aprés-midi à 16h, pour faire le point sur le politique de l'emploi menée dpuis un an, lemonde.fr reçoit Pierre Cahuc, qui n'apparaît pas comme un opposant de l'actuel président. Présenté comme "professeur d'économie à l'école polytechnique", il est en outre membre du "Cercle des économistes" sorte de think tank formé par quelques économistes d'obédience plutôt libérale. Lemonde.fr se défend bien de l'évoquer car il a déjà été accusé à plusieurs reprises de se faire le porte-parole peu critique de ce petit lobby idéologique.

Néanmoins, sans engagement politique connu, Pierre Cahuc devrait avoir un avis contrasté. LE chat promet donc d'être plus intéressant que les précédents. Tayo ! chat avec Pierre Cahuc à partir de 16h
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Par Max Labruni - Communauté : Partisans de la réforme.
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /Mai /2008 13:17


Karine Perret, de l'AFP, nous propose aujourd'hui un petit compte-rendu du congrès de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves ( link ) : la FCPE.

On s'aperçoit que, là encore, les instances dirigeantes de la FCPE sont trés critiques vis à vis de la politique actuelle du gouvernement en matière d'éducation. Soit, à la rigueur, chacun a le droit d'avoir son avis... ce qui devient plus étonnant, c'est quand on s'aperçoit que le président de la FCPE, Faride Hamana s'oppose au projet de sevice minimum proposé par Xavier Darcos à l'occasion de la grêve des enseignants prévue le 15 mai prochain, dénonçant par là une mesure "briseuse de grêve". Une fédérations de parents d'élèves qui prend le parti des professeurs contre l'intérêt des familles, c'est assez interpellant...

Tout s'explique quand on se penche un peu plus sur la nature de la FCPE. D'abord, cette organisation est depuis toujours classée à gauche et plus particulièrement proche du PS. Enfin, particularité à peine croyable : ses cadres dirigeants sont traditionnellement choisis... parmi le personnel enseignant. Ainsi, le président actuel, ce fameux Faride Hamina est-il professeur de sciences économiques et sociales... Une fédération de parents d'élèves dirigée par des enseignants et qui arrive de surcroit à être majoritaire (21,15% dans le 1er degré, 54,47% dans le 2nd degré), n'est-ce pas remarquable !?

Bref, si vous êtes parents d'élèves, pas spécialement engagés politiquement et que ce genre de conflit d'intérêt vous met mal à l'aise, lors des prochaines élections, évitez la FCPE...

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Par Max Labruni
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 20:39

 


Ce vendredi soir, un cortège de jeunes militants d'extrême droite a été aperçu remontant le boulevard Garibaldi, dans le 15ème arrondissement parisien.

Visiblement bien organisés mais libres de toute surveillance policière, le groupe comportait entre 300 et 400 individus. Ils défilaient dans un calme relatif en scandant des slogans historiques des mouvances d'extrême droite ("La France aux français"...).

Il s'agit sans doute d'un avatar de la manifestation prévue ce jour par le Comité du 9 mai (C9M), regroupement annuel de plusieurs groupes d'extrême droite, traditionnel depuis quelques années, et interdit par la Préfecture de Police. (article de Libé)

Des affrontements sont à craindre avec des factions d'extrême gauche.

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Par Max Labruni - Communauté : Démocrates et solidaires
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 14:34

14h30

Lemonde.fr nous propose cet après-midi à 15 h un chat avec Philippe Meirieu pour faire un point sur la politique de Sarkozy dans l'éducation, après un an de mandat. Et bien, j'ai un scoop en avant-première : il va être extrêmement critique !

Comment la sais-je ? Peut-être tout simplement parce que Philippe Meirieu, classé à gauche, s'oppose à la politique d'éducation menée par la droite depuis plusieurs années.

Je vous rappelle donc le principe de cette série de chat sur lemonde.fr : un an après les début de son mandat, on invite une brochette d'opposants à sarkozy, pour faire le bilan de son action. Tout le monde critique tout, donc, et, à la fin, on peut en déduire que décidemment, cette politique du méchant sarkozy est vraiment mauvaise.

Dis donc, mais pourquoi dans ce cas, dans leurs chats, ils invitent pas à chaque fois un pro et un anti, histoire d'avoir des avis contradictoires ? Pourquoi toujours des anti ? Et oui, pourquoi ?...

Bravo pour ce grand moment de journalisme !


17h15

Scoop vérifié : chat lemonde.fr Philippe Meirieu !

Avec en particulier ce passage d'anthologie :

"carl76 :  Parmi les réformes actuellement en cours, y en a-t-il une que vous acceptez sans réserve et un autre que vous rejetez sans réserve ? Et pourquoi ?   
Philippe Meirieu : Je joue mon joker. Il y a peu de mesures que je sauverais ; elles se font dans un contexte qui globalement est une remise en question de la notion de service public. On joue massivement sur la concurrence systématique entre les personnes, entre les écoles, les établissements et les universités. On fait l'hypothèse que la qualité ne sera obtenue que par la concurrence, alors que je crois que la qualité ne peut être obtenue que par une concertation approfondie et une véritable réflexion de fond avec tous les partenaires du système éducatif."

Bref, un travail journalistique lamentable : comment peut-on accepter cela dans une rédaction sérieuse ?
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Par Max Labruni - Communauté : Libre parole
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 11:16

Mon dieu, un article du Monde mesuré et argumenté sur Sarkozy; saluons la performance :

link

Bon point, donc, pour Claire Guélaud, qui a signé l'article (par ailleurs "accusée" d'être la porte-parole du "cercles des économistes", tendance libérale. Info non investiguée par mes soins : link ).

Et s'ils finissaient par nous rendre notre grand quotidien modéré national ?

Edit :

Hélas, la rechute est rapide ! Cet aprés-midi, lemonde.fr publie un chat douteux (link) sur la politique de l'immigration de sarkozy avec Patrick Weil, sobrement présenté comme "directeur de recherche au cnrs". Ils omettent de préciser que Patrick Weil a été secrétaire d'Etat d'un gouvernement de gauche (81-82), longtemps membre du PS et soutien actif de Ségolène Royal pendant la dernière Présidentielle. Mauvais point donc pour Constance Baudry qui a modéré ce chat, présentant son intervenant avec un peu de légèreté (s'était-elle seulement renseignée sur lui, auparavant?).

Ah, au fait, il est trés critique vis à vis de la politique de sarkozy... mais, ça, vous vous en doutiez, j'en suis sûr...

Par Max Labruni - Communauté : Démocrates et solidaires
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Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /Mai /2008 22:47

Comme nous le constatons souvent, les grands media sont bêtes. Ainsi à chaque fois qu'on y parle d'une réforme dans le milieu judiciaire, on retrouve invariablement l'avis du Syndicat de la Magistrature (SM), sans plus de présentation de cette organisation. Comme on est nous aussi un peu bêtes on se dit alors qu'il doit s'agir du syndicat majoritaire chez les magistrats, sans doute poltiquement neutre ou modéré, puisque c'est toujours celui que les grands media interrogent. A la rigueur, ce qui pourrait nous mettre la puce à l'oreille, néanmoins, c'est qu'à y regarder de plus prés, ce fameux syndicat semble toujours trés opposé à toute initiative venant de la Droite...

Le Syndicat de la Magistrature : une imposture médiatique

En réalité, le Syndicat de la Magistrature est une organisation trés politisée et classée trés à gauche. Mais, le plus amusant, c'est que c'est un syndicat largement minoritaire chez les magistrats : il n'a ainsi recueilli que 28% des suffrages lors du scrutin de 2006. Le syndicat majoritaire est l'Union Syndicale des Magistrats (USM) qui a, lui, recueilli 64% des voix. L'USM est considéré comme politiquement modéré et porte des avis beaucoup plus nuancés et bien souvent plus objectifs et intéressants que le SM. Pourquoi les grands media ne prennent donc pas la peine d'aller interroger le syndicat largement majoritaire et préfèrent les avis orientés d'une syndicat minoritaire clairement marqué à gauche ?... cela fait partie des aberrations qui parsèment notre beau paysage médiatique... La polémique est sans doute plus "vendeuse" qu'une analyse pertinente.

Nom générique : l'arnaque typique

Ce genre d'appropriation d'un nom générique qui semble accorder une légitimité factice à n'importe quelle organisation n'est hélas pas un exemple isolé. On peut notamment songer à la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) qui ne cache pas son engagement à gauche, en particulier, son affiliation au parti socialiste (PS). La LDH a d'ailleurs publiquement appelé à voter pour Ségolène Royal entre les deux tours de la Présidentielle et d'essayer à longueur de publications de faire passer la France sarkoziste pour un état policier (sans doute pire que la corée du nord...). ça n'empêche pas de les retrouver régulièrement dans les media, présentés comme des interlocuteurs parfaitement objectifs... On peut se souvenir aussi du collectif Autres Chiffres Du Chômage (ACDC) apparu au cours de la Présidentielle 2007 et qui contestait la réalité des chiffres du chômage. Souvent présenté comme des "spécialistes", ce collectif regroupait en fait uniquement des syndicalistes très à gauche (CGT, Sud...) et autres soutiens de Ségolène Royal. D'ailleurs, le collectif a disparu aussi vite que l'élection a été perdue, les chiffres du chômage ont été corrigé de 0,4 point, ne remettant en rien en cause l'importante baisse du chômage depuis 2003.

A la rigueur, que des organisations politiques mènent des opérations de propagande, de désinformation et d'intoxication, cela fait partie du jeu... mais que les media marchent dans la combine en trompant du même coup l'opinion publique, cela devient déjà un petit peu plus douteux...

Good night... and good luck !
 
Par Max Labruni - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 14:17
 
Naturellement, tout ce que le pays compte de journalistes digne de ce nom va aujourd'hui lancer de grandes analyses sur l'intervention radiotélévisée de notre cher Président hier soir. Comme tout le monde va le faire, moi, bien sûr, je vais m'en abstenir. De toute façon, tout le monde sait qu'il a été "très bon", d'après les mecs de droite, et "très mauvais" d'après les mecs de gauche. Donc, juste pour faire mon intéressant, je vais pour ma part prendre un peu de hauteur, et même pas mal de hauteur, quelques 350 km d'altitude pour être précis.

En effet, ce matin, l'ATV Jules Verne, véhicule de transport spatial européen (link), a réussi le réhaussement de la station orbitale internationale (ISS), l'une dernière phase périlleuse de sa mission. Lancé le 9 mars dernier par un nouvelle version d'Ariane 5 (ES), capable d'envoyer jusqu'à 21 t de charge utile dans l'espace, le programme de l'ESA, bien que relativement peu médiatisé dans notre pays, surtout en ces périodes trés "politisées", n'en demeure pas moins un formidable succés.

L'ATV servira à ravitailler la station internationale, tâche d'autant plus importante que le programme de la navette américaine, qui jouait en partie ce rôle, cessera définitivement en 2010. Les vaisseaux Congress, russes, sont eux bien moins performant (2,3 t de capacité, contre 7,6 pour l'ATV). Au-delà de ces considérations opérationnelles, l'ESA a fait la preuve de tout son savoir-faire et même de sa capacité d'innovation, en proposant pour la première fois un "cargo de l'espace" entièrement automatisé, capable d'aller rejoindre la station orbitale et se s'y arrimer sans aucune intervention humaine. L'exploit n'est pas mince.

Si l'ATV n'est destiné qu'à transporter du ravitaillement, il pourrait très rapidement être développé pour devenir un moyen de transport de personnel. En défintive, il n'y plus que les techniques de rentrée dans l'atmosphère et d'atterrissage (certes délicates) qui restent à développer pour que l'Europe devienne la 4ème puissance mondiale (après la russie, les USA et la Chine) à maitriser le vol spatial habité. Déjà plusieur voix s'élèvent en Europe pour qu'un programme ambitieux de vol habité soit plannifié. Cette semaine encore, Stephen Hawking, le celèbre astrophysicien (link), réaffirmait qu'il jugeait indispensable de tels programmes, pour lesquels il appelait de ses voeux une coopération internationale.

L'avenir de l'humanité passe sûrement par là... mais, au fait, quel rapport avec le pouvoir d'achat ?




Par Max Labruni - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 16:38

L'actuel gouvernement est aujourd'hui critiqué de toute part, moins, au fond, parce que la politique qu'il mène est mauvaise (en dehors de la mauvaise conjoncture économique mondiale, quelques grands indicateurs, comme le taux de chômage ou les chiffres de la délinquance, sont plutôt bien orientés, même la croissance du PIB résiste plutôt pas mal) que parce que la service après-vente de cette politique est défectueux. Ce qui est sûr, en tous cas, c'est que ce gouvernement, et la majorité parlementaire qui le soutient (plus ou moins), perd pour l'instant dans les grandes largeurs la guerre de la communication.

1ère exemple le "paquet fiscal" :

La loi TEPA (pour le Travail, l'Emploi et le Pouvoir d'Achat) a été l'une des premières lois votées par la nouvelle majorité, le 1er août 2007. La présentation de cette loi a été faite assez clairement, notamment par Christine Lagarde, ministre de l'économie (ex : article du Nouvel Obs : link ). Le but technique avoué était de créer de la croissance (environ 0,5 pt sur l'année 2008) en allégeant notamment la fiscalité sur les heures supplémentaires (pour l'employeur et pour le salarié) et sur les droits de succession.

Aussitôt, l'opposition (au sens large, c'est à dire comprenant une bonne partie des rédactions de France et de navarre) s'empare d'une disposition marginale du texte : l'abaissement du "bouclier fiscal" de 60 à 50% (cad qu'on ne peut être imposé à plus de 50% de ses revenus) pour qualifier le "paquet fiscal" de "cadeau pour les riches". En coût, cette disposition représente 600 millions d'euros sur le 13,6 milliards que coûtera le dispositif global prévu dans la loi (soit 4,41% du total). Qu'importe que ce type de mesure existe dans les mêmes proportions dans les principaux pays européens, qu'importe que ce fut une promesse de campagne assumée du candidat sarkozy, qu'importe que la mesure-phare de la loi soit sur les heures supplémentaires et profite avant tout aux salariés, l'équation "paquet fiscal"="cadeau pour les riches" fait flores. Que peuvent quelques explications économiques un peu techniques contre une formule un peu populiste et compréhensible par tous ? Le gouvernement rétorque sur le terrain de la bonne formule en appelant de ses voeux un "choc de confiance" et un "choc de croissance". Manque de chance, la crise des subprimes aux USA, la baisse continue du dollar, la hausse conjuguée du pétrole mettent la croissance mondiale en berne et pèsent sur le porte-monnaie du consommateur français (la grande peur sur le pouvoir d'achat, on en reparlera peut-être). Le "choc de confiance" n'a pas eu lieu, le gouvernement a eu tort, les autres ont donc raison : le paquet fiscal est un cadeau pour les riches.

Qui se soucie, en définitive, de l'impact réel de ces mesures ? Moi même, je ne vais même pas en parler, tiens...

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Par Max Labruni - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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